• Association des Plaisanciers de Port-Dielette
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Créatures marines

Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 13:00

 

 

 

 

caulerpa

                              La plupart des espèces de caulerpes sont de belles algues. À la fin du XXème siècle, l’espèce Caulerpa taxifolia est devenue une des préférées lorsque le commerce aquariophile a commencé à croître dans le monde. Cependant, une « souche pour aquarium » de cette espèce s’est échappée et elle s’est avérée écologiquement et économiquement désastreuse lorsqu’elle a envahi des régions aussi éloignées l’une de l’autre que l’Australie, les USA et la Méditerranée. Cette algue s’est déjà acquis une très mauvaise réputation : c’est une des 100 espèces les plus envahissantes du monde.

caulerpa (1)

                              Un des pires cas d’invasion s’est passé en Méditerranée : le Musée océanographique de Monaco avait obtenu un hybride de Caulerpa taxifolia de vendeurs qui avaient probablement fait venir leur stock original du nord de l’Australie. Très vite de petits morceaux de la nouvelle algue se sont retrouvés dans la nature via le système d’élimination des eaux usées de l’aquarium. Ils ont fini par couvrir 13.000 hectares de fonds marins le long de 190 km de côtes. En 2001, l’algue s’était fait transporter vers de nombreux autres ports méditerranéens très fréquentés par les touristes, accrochée aux ancres ou aux filets de pêche.

caulerpa (2)

                              La Caulerpa taxifolia peut envahir de nombreux types de fonds marins, la boue, le sable ou des rochers, sans égards pour les autres formes vivantes. Elle commence son invasion en croissant plus haut que les algues ou les prairies marines résidentes et en leur faisant de l’ombre et elle continue en touchant les animaux marins tels que poissons ou homards qui dépendent de l’écosystème indigène existant pour leur nourriture. Les animaux qui ne peuvent pas s’échapper rapidement, comme les coquillages par exemple, sont tous simplement étouffés. La souche pour aquarium de Caulerpa taxifolia peut couvrir la totalité des fonds marins d’un tapis dense qui ne laisse aucune place pour d’autres espèces. L’algue envahissante se protège elle-même contre l’ingestion par les oursins ou des poissons en produisant une toxine. Les rares espèces qui peuvent la manger, comme la dorade de Méditerranée, peuvent accumuler les toxines dans leur chair au point que cela les rend impropres à la consommation humaine. Cette algue contrarie aussi divers intérêts économiques. Un tapis compact composé d’un seul type d’algue présentepeu d’intérêt pour les plongeurs amateurs et les touristes. Les pêcheurs professionnels sont aussi touchés parce que les dégâts causés à l’habitat réduisent les prises et parce que les filets et les hélices s’empêtrent dans les algues.

caulerpa (3)

                              Une infestation relativement réduite a pu être éradiquée dans le sud de la Californie en couvrant les algues de feuilles de plastique et en les empoisonnant au chlore ; on peut aussi utiliser d’autres traitements. Le coût de l’opération en Californie fut de 2,33 millions de dollars US en 2001-2002, pour les contrôles et le suivi, avec en plus un budget annuel pour la surveillance de 1,2 million de dollars US jusqu’en 2004. L’application de gros sel marin à une concentration de 50 kg/m² fut utilisée avec un succès relatif en Australie, permettant d’éliminer la Caulerpa taxifolia non indigène d’une superficie de 5 200 m² dans un cas, même si dans un autre cas, une surface de 3 000 m² a montré une réduction de la densité des algues mais pas une éradication complète. La Croatie a tenté une éradication en recouvrant les algues de feuilles de plastique. Le résultat fut satisfaisant, mais il faut dire que la surface couverte n’était que de 512 m². Il y eut aussi des éradications dans le sud de l’Australie et en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie et, en Méditerranée française, l’arrachage manuel pratiqué par des plongeurs réussit à éradiquer la caulerpe sur une petite superficie. Mais ces méthodes impliquent beaucoup de ressources et, si un minuscule fragment d’algue échappe au traitement, l’espèce peut facilement se réinstaller. 

 

 

 

   

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 16:30

 

 

 

 

  mnémiopsis

                              Le Mnémiopsis (Mnemiopsis leidyi) est un prédateur carnivore qui atteint 10 cm de long, qui mange toutes sortes de zooplancton y compris des oeufs et des larves de poissons, perturbant la chaîne alimentaire des zones qu’il a envahies. Les Mnemiopsis leidyi sont des cténophores ; ils ressemblent superficiellement à des méduses, mais biologiquement, ils sont assez différents et ils appartiennent à un phylum différent. Originaires des estuaires atlantiques américains où leur abondance est limitée par des prédateurs et des parasites indigènes, ils tolèrent d’extrêmement grandes variations de température et de salinité. Les populations de cténophores suivent des cycles d’« expansion-récession » et peuvent atteindre de très hautes densités.

                              Au début des années 1980, le mnémiopsis fut introduit accidentellement en mer Noire dans des eaux de ballast. Il fut aussi introduit en mer Caspienne dans les eaux de ballast de pétroliers. Dans son nouvel habitat dépourvu de tout prédateur, Mnemiopsis leidyi a dévasté tout l’écosystème de la mer Noire. La situation a empiré à cause d’une eutrophisation et d’autres pollutions. En 1992, les pertes annuelles causées par la chute des captures de poissons commercialisables étaient estimées à 240 millions de dollars US minimum.

                              La prolifération des mnémiopsis a eu des effets en cascade à tous les niveaux de la biodiversité – même les poissons prédateurs et les dauphins ont disparu. Les stocks de poissons de la mer Noire et de la mer d’Azov ont souffert du fait que le mnémiopsis mange les oeufs et les larves. Les impacts sur l’écosystème de la mer Caspienne se sont fait sentir plus vite et plus fort qu’en mer Noire. En 2001, les répercussions étaient perceptibles à tous les niveaux – même le plus grand prédateur, le phoque de la Caspienne était touché.              

 

                                                           Par un étrange retournement de la situation, en 1997, un autre cténophore, le Beroe ovata, fut découvert au nord-est de la mer Noire. Comme il se nourrit de Mnemiopsis leidyi, il a entraîné une chute spectaculaire de leur nombre, aidant ainsi l’écosystème de la mer Noire à se restaurer et on a pu observer de meilleures conditions pour le zooplancton, le phytoplancton, les dauphins et les poissons ainsi que pour les oeufs et les larves de poissons. Il est possible d’utiliser Beroe ovata comme moyen biologique de contrôler Mnemiopsis leidyi. Cependant, utiliser une espèce exotique pour un contrôle biologique n’est qu’une solution à utiliser en dernier ressort car elle présente ses propres risques. En tout cas, l’introduction délibérée d’une telle espèce exotique ne devrait être envisagée qu’après avoir complètement analysé les risques et bien étudié les coûts et bénéfices, y compris environnementaux.

 Vous pourrez revoir l'article dèjà publié il y a quelques temps :

 

http://www.portdielette.fr/article-le-mnemiopsis-leidyi-menace-d-invasion-en-manche-71945628.html



En espérant que l'on ne verra jamais une prolifération de l'espèce ci-dessous : 

 méduse

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 13:30

 

 

 

crabe enragé

 

                              Le crabe enragé ou crabe vert adulte mesure environ 6-7 cm, mais il peut devenir plus grand. Les crabes verts peuvent facilement dépasser et gagner la compétition avec d’autres crabes. Ils se nourrissent de nombreux organismes du littoral, spécialement des mollusques bivalves comme les palourdes, les huîtres et les moules, et de petits crustacés. Les crabes verts sont plus rapides, plus agiles et peuvent ouvrir les coquilles plus facilement que les autres espèces de crabes.

                              Les crabes verts sont originaires d’Europe et furent tout d’abord transportés vers les Etats-Unis enfouis dans les petites galeries creusées dans les coques de bois des navires par les tarets. Les crabes verts furent remarqués sur la côte est de l’Amérique du Nord en 1817, et on les trouve aujourd’hui de la Nouvelle-Ecosse à la Virginie. On pense que le crabe vert est au moins partiellement responsable de l’anéantissement, dans les années 1950, de la pêche à la mye commune, qui a touché des milliers de personnes. Les prises ont chuté de14,5 millions de livres en 1938 à 2,3 millions de livres en 1959, une période durant laquelle le crabe vert s’est répandu dans la zone de pêche à la mye.

crabe enragé (1)

                              En 1989, on a trouvé en Californie des crabes de la population de côte est. Ils ont « gardé un profil bas » pendant quelque temps dans leur nouvel habitat, pendant que la population s’accroissait, puis ils se sont rapidement répandus vers le nord. On a trouvé des sites envahis en Oregon en 1997, dans l’Etat de Washington en 1998, et en Colombie-Britannique en 1999. On pense que le crabe vert pourrait un jour occuper toute la côte pacifique d’Amérique du Nord, de l’Alaska jusqu’au Mexique.

crabe enragé (2)

                              Les crabes verts ont envahi l’Afrique du Sud, et on en a observé en Australie, en Tasmanie et dans l’Etat de Victoria, au Brésil, à Panama, à Madagascar, en mer Rouge, au Pakistan, au Sri Lanka, au Myanmar, au Japon, en Patagonie et à Hawaï, mais on ne sait pas encore s’ils se montrent envahissants à tous ces endroits.

 

 

 

 

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