10. Lessive et autres étendages à bord.
11. Divers
10/ Lessive et autres étendages à bord.
Bien entendu, il est normal et logique de mettre aérer votre sac de couchage ou de faire sécher vos cirés. Cependant, l’étiquette navale demande à ce que votre lessive ne soit pas exposée sur les filières. Aussi, lorsque votre skipper vous demande “ les cales sont sèches ? ”, vous ne devez donc pas regarder les filières ou les drisses et chercher des sous-vêtements, mais voir s’il y a de l’eau dans les fonds…
11/Quelques autres règles de politesse
Avec un yacht on ne s’amarre ou ne s’embosse pas sur un autre bateau, même avec une muraille de pare-battages. C’est une faute lourde qui peut entraîner de grosses difficultés, si l’ancre chasse par exemple.
L’accostage
Avec un youyou, il en est de même en ce qui concerne le principe de l’accostage, sauf que l’on peut être invité à s’amarrer. On accostera alors toujours à l’arrière des haubans. Lorsque le youyou accoste un yacht au mouillage pour lui rendre visite, on le fait sur tribord du visité, mais sur bâbord d’un bâtiment de guerre.
Les pare-battages
A propos de ceux-ci, ce ne sont pas des instruments servant à la navigation. Ils n’ont donc rien à faire par dessus bord dès que le navire est « en route », donc dès que vous avez quitté le quai. Laisser des pare-battages à poste, même dans l’avant-port, c’est un peu comme de sortir des urinoirs avec la braguette baissée. Qu’on se le dise !
Le youyou
Un youyou n’est pas à confondre avec une annexe. En effet, l’annexe ne se monte pas à bord, mais se tire derrière. Sur un youyou ou une annexe, les plus jeunes embarquent les premiers et débarquent les derniers en prenant avec eux le bout. Donc le plus jeune doit, à l’accostage, être à l’avant. Comme le côté sous le vent est moins noble, le plus jeune ou celui qui doit le respect s’assiéra sous le vent ou à l’avant.
L’accostage de l’annexe
Il se fait en principe tribord à quai, même si le pas de l’hélice vous incite à faire l’inverse. On se dégage par l’arrière et non par l’avant.
Amarrage à couple (rafting-up aux USA)
On ne se mettra en principe jamais tête-bêche. Une attention particulière sera accordée au croisement des mâts. On ne devrait pas s’amarrer à l’extérieur d’un plus petit. L’usage exige qu’on ne modifie pas l’amarrage du yacht ainsi accosté. On doit si possible envoyer ses propres amarres à terre et parer des défenses efficaces. La bienséance demande de ne pas monter sur le rouf du bateau accosté, et de toujours en avant du premier mât. On évitera aussi de regarder par les hublots ou de perturber en mettant par exemple notre musique à fond. Comme déjà indiqué, on ne se met pas à couple d’un navire au mouillage. Par contre, l’amarrage à couple est un droit, que ce soit à quai ou sur des tonnes prévues à cet effet, voire sur un ponton flottant d’attente. Ce droit ne peut être refusé que dans des cas très spéciaux.
Les échelles
Qu’elles soient extérieures ou intérieures, elles ne sont pas à prendre à la légère. En effet, l’étiquette demande à ce que Madame descende avant ces Messieurs et qu’elle monte en dernier sur la dunette. Il est vrai que maintenant toutes les navigatrices sont en jeans et que la motivation de cette règle peut sembler désuète. Il n’en reste pas moins que même de nos jours, le seuil des passerelles est toujours bien polis, comme un miroir, car les matelots, eux, ne sont pas toujours polis.
Le bruit
Il n’est pas interdit de faire la fête sur son bateau, mais toujours dans le respect des autres navigateurs. En principe et comme dans la vie de tous les jours, on ne devrait plus faire du bruit passé 22h. Il y a assez de possibilités de continuer de fêter à terre, au bar du coin ou dans tout autre endroit prévu à cet effet.
Petite page étymologique
---Bâbord vient du néerlandais « Bakboord », le bord du dos. Ceci vient du fait que sur les navires nordiques comme les Drakkars, la barre se trouve sur tribord, le barreur tournant ainsi son dos sur bâbord.
---Les bâbordais sont les équipiers de la bordée bâbord, celle du second service, les numéros pairs, comme sur les bouées ou autres balises. Ces équipiers étaient de service les jours pairs et à terre les jours impairs. Un avantage pour les bâbordais le 31 du mois qui sera suivi du 1er, soit deux jours à terre !
---Tribord vient de « Stierboord », bord du gouvernail du drakkar ou de l’aviron de queue des anciens navires. Tribord est le bord noble du navire : les officiers accostent sur tribord. Les jeunes ou ceux qui doivent le respect accostent sur bâbord, l’entrée de service. Tribord a le pas sur bâbord. Ne dit-on pas à la droite de Dieu ? Où place-t-on l’invité d’honneur ? La coupée se place sur tribord. Tribord est impair.
---Les tribordais sont les hommes de la bordée tribord, la première de service, de service les jours impairs.
---L’arrière d’un navire est sa partie noble. Au mouillage c’est le côté tribord qui est privilégié; en mer, donc au large, c’est le bord au vent.
Eaux territoriales
La “ liberté des mers ” est celle qui permet à un navire neutre de continuer à naviguer, même pendant un conflit. Ce principe remonte à Grotius (de son vrai nom Hugo de Groot, jurisconsulte et diplomate hollandais, XXX 1583-1645, auteur du “ droit de guerre et de paix ”). La “ liberté de la haute mer ” est celle qui autorise des pays (avec ou sans accès à la mer) à arborer un pavillon et à naviguer en haute mer. Au début, les eaux territoriales étaient déterminées par le critère de la portée du canon, un peu comme la longueur de la chaîne du chien. Au 18e siècle on peut dire que cette distance passe à 3 milles. Une notion de droit qui n’est devenue internationale que depuis les environs de la fin du 19e siècle.
---Le Président des Etats Unis MONROE, crée en 1823 la convention internationale pour la neutralité maritime et commerciale. Puis, en 1856, c’est la déclaration du Congrès de Paris, qui met fin à la fameuse guerre des courses, à la flibuste, mais non à la piraterie, comme on peut le voir encore de nos jours.
---Une bitture est une chaîne de l'ancre qui file librement de l'écubier quand on mouille l'ancre.
---L’étalingure est la fixation de l’extrémité d’une chaîne sur l’organeau d'une ancre.