L’Oréal, et bien d'autres grands pourvoyeurs de produits sublimement et richement emballés dans du plastique, maître du packaging, sauront t-ils faire un pas dans le sens du « moins d’emballages
»? Comment fait-on prendre conscience au consommateur que l’emballage plastique de son gel douche ou shampooing restera sur la planète après avoir quitté sa salle de bain?
Aujourd’hui, non seulement la mer n’a plus (beaucoup) de poissons, mais elle est gavée de plastique. Certains endroits du globe font froid dans le dos : ainsi l’existence du « trash vortex » ou «
Pacific Garbage Patch », constitué de dizaines de millions de tonnes de déchets…
Par les courants marins, ces déchets convergent et s’entassent dans une zone bien spécifique du Pacifique, grande comme la France (voire plus). On peut regretter que ce phénomène ne se produise
pas plus près de nos côtes ; nous sommes malheureusement dans une société qui considère que ce qu’elle ne voit pas n’existe pas. Donc peu de mobilisation médiatique sur ce grand océan de
déchets.
Les conséquences de cet amoncellement sont un impact direct sur la faune et la flore : les animaux s’étouffent en ingérant du plastique, sont coincés dans des filets et autres emballages… Sans
compter les substances qui peuvent se dégager de ces déchets, et peuvent provoquer maladies, malformations….
Pas de bons ou de mauvais points ; les faits sont là. Maintenant, suffisent les discours, il est temps
d’agir. Et autrement qu’en se collant une étiquette verte (pour le moment) injustifiée.
Qu'est-ce que bouteilles, filets, sacs de plastique et toute une panoplie de dérivés de polymères ont en commun...tous se retrouvent parmi les détritus qui composent le continent flottant. Il y a
littéralement une île de plastique qui s'est formée dans le Nord-est du pacifique, soit entre Hawaï et la Californie et ce en raison de l'être humain seulement. Bien que dit de cette manière,
cela semble plutôt chimérique, les données recueillies à ce jour sont là pour nous rappeler qu'il s'agit bel et bien d'une problématique concrète. À ce jour, cet amas de plastique à la dérive
fait plus 3,43 millions de km2 et pratiquement 30 mètres de profondeur à certains endroits. À ce rythme effréné, dans un peu moins de 20 ans, cette « marée montante de plastique » occupera un
espace si important qu'elle sera comparable à la taille de l'Europe selon certaines estimations.
Évidemment, ce phénomène menace la vie animale qui s'y trouve. De ce fait, il importe de savoir que plus de 1,5millions d'animaux marins sont la proie de ce plastique chaque année. Cette myriade
de déchets s'est en fait logée à cet endroit précis de l'océan en raison des courants marins qui convergent tous vers cette zone où il n'est pas rare que la quantité de plastique soit 10 fois
plus élevée que le plancton. Ce même plancton est à la base de l'alimentation de bien des espèces marines, comme les baleines. De ce fait, plusieurs animaux confondent plastique et nourriture. À
titre d'exemple, les tortues de mer ingèrent trop souvent des sacs de plastique, les méprenant avec des méduses, causant, règle générale, leur mort. Ainsi, l'écosystème de ce milieu s'en voit
totalement chamboulé. Selon le rapport de Greenpeace, plus de 267 espèces seraient touchées par cet ossuaire d'ordures. De toute évidence, cet amalgame de matières résiduelles est une réelle
menace pour la faune et la flore maritime.
Néanmoins, la situation n'aurait jamais pris une telle ampleur s'il n'avait pas été de l'homme. Chaque année, parmi les 260 millions de tonnes de plastique produites, plus de 9% se retrouvent
dans les océans. Bien que ce pourcentage puisse sembler faible à la lecture, il s'agit d'un chiffre qui devrait être pris au sérieux puisqu'il y a 5 ans, selon le Programme des Nations Unies pour
l'environnement, on trouvait plus ou moins 46 000 morceaux de plastique tout les 2,5km d'océan. Bref, suffisamment de plastique baigne dans nos mers pour nuire sérieusement à l'environnement.
Pour ainsi dire, quasiment 80% des déchets flottants proviennent des terres. Non seulement ces débris à la dérive nuisent à la vie maritime, mais ils prennent des décennies voir un millénaire à
se décomposer...
Même si cette île de plastique n'est pas encore observable à partir des rives, il ne faut pas pour autant la prendre à la blague. Pour l'instant, elle menace « seulement » la vie maritime environnante, mais les pronostics n'ont rien d'encourageant. Ce plastique qui continue d'accumuler les morts d'espèces animales, pourraient bientôt avoir des répercussions désastreuses sur les êtres humains. D'ailleurs, pareille situation est en train de se produire dans l'Atlantique...Chose certaine, même s'il est pratiquement impossible de faire disparaître en totalité les différents déchets présents en ce moment, certains font leur part pour tenter de freiner l'expansion de cette soupe de plastique. En effet, les bouteilles de plastique d'une compagnie américaine(Method) sont désormais composées à 25% de plastique que l'on retrouve dans l'amalgame de détritus qui se niche dans le pacifique et à 75% de plastique recyclé. Comme quoi tout n'est pas totalement perdu...
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