• Association des Plaisanciers de Port-Dielette
  • : Favoriser, soutenir ou initialiser toute action visant à : La défense de la liberté de l'usage de la mer et notamment de la pêche de plaisance sans aucun but lucratif. La Sauvegarde et la Protection de la faune, de la flore et du littoral et le Respect de l'environnement et du cadre de vie. Le Développement des qualités morales et de Solidarité entre gens de mer.
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Blog créé le 18 février 2010

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pêche en mer

Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 18:30

 

 

 

                              Le Fish Dependence Day est le jour, où la quantité de poisson consommé (français + étranger) depuis le début de l’année est égale aux quotas de pêche dans les eaux françaises. Selon les calculs faits par la New economics foundation et Ocean2012, une ONG européenne luttant contre la surpêche, cette date tombe de plus en plus tôt : le 13 juin en 2011 pour la France, le 20 juin en 2010, contre le 25 juillet en 2000 et le 6 septembre en 1990. Idem à l’échelle européenne : si l’UE devait consommer les poissons  de ses propres eaux, elle en manquerait dès le 2 juillet, contre le 9 juillet en 2010, soit une diminution  européenne de près de 200 000 tonnes par an. Seuls trois pays, l’Estonie, l’Irlande et les Pays-Bas, sont auto-suffisants en poissons, c’est-à-dire que leur production excède ou équilibre la consommation.


                              Les causes de cette situation ?

 

                              La surpêche, des quotas inappropriés, des méthodes peu sélectives ainsi qu'une consommation qui augmente constamment, de 2 % chaque année, dans les pays européens. Les Français consomment ainsi deux fois plus de poissons (34,2 kilos par personne et par an) que la moyenne mondiale (17,1 kilos) selon les chiffres de 2008 de la FAO et d'Eurostat. La moyenne européenne s'élève à 22,1 kilos.
                              Selon Stéphan Beaucher, conseiller en politique de pêche pour Ocean2012 et co-auteur de l'étude, le problème vient aussi d’une "conception surannée de la politique commune de la pêche (PCP) de l’Union européenne" : "Elle a été calquée sur la PAC (politique agricole commune) avec des principes productivistes mais la pêche, elle, s'exerce sur un stock sauvage où l'on ne maîtrise rien, ni les dynamiques de populations, ni la reproduction." Selon ses calculs, 72 % de la pêche européenne s'opère sur des stocks déjà en limite maximale d'exploitation, dont 20 % en cours d'effondrement ou déjà effondrés. La surpêche se traduit aussi par une diminution de la taille des prises.

 
                              L'aquaculture pourrait-elle contribuer à une pêche plus responsable ? "Le problème c'est que le poisson mange du poisson", fait-il remarquer précisant qu'il faut 2,5 kilos de poissons sauvages pour faire un kilo de chair de poisson d'élevage.
Mais il faut savoir que la plupart des poissons sont carnivores, il faut nourrir le poisson d’élevage avec… du poisson sauvage !  Les farines animales de poisson sauvage que l’on donne au poisson d’élevage sont « coupées » à d’autres sources de nutriments (huiles végétales, céréales) dans des proportions qui vont jusqu’à 90%.
Néanmoins, on est obligé de donner un peu de protéines animales aux poissons d’élevage sinon ils meurent. Et comme les farines animales issues de l’élevage sont interdites (crise de la vache folle oblige), on donne des farines issues de la pêche...Les farines de poissons sont issues de la pêche minotière, qui vise spécifiquement des espèces qui ne valent pas grand chose (sur le plant économique, pas écologique).
                             Les chalutiers, eux, balancent ces espèces à la flotte.
                             Un site intéressant qui donne des données.
 

 

 


Par le bosco - Qu'en pensez-vous? - Voir les ptits mots
Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 21:00

 

 

 

 

                              Un vrai problème
 

 

                              Le rapport Poséidon de 2006 :(((Ce rapport, auquel le ministère chargé de la Mer a été associé, rappelle que les océans couvrent 71% de la surface de la planète et renfermeraient jusqu’à 80% de sa biodiversité. La France dispose grâce à l’Outre-mer du deuxième espace maritime mondial avec onze millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive (ZEE). L’économie maritime française représentait en 2003 une valeur ajoutée de près de 19 milliards d’euros et un effectif d’environ 500 000 emplois équivalents-temps plein.
Le rapport propose la mise en place d’une "politique maritime intégrée", d’un "grand programme technologique et industriel autour de la valorisation des profondeurs", ainsi que d’autres propositions concernant notamment l’exploitation des énergies marines.))) notait avec une certaine pudeur « Un point particulier est la pêche de loisir, dont le poids peut être économiquement et quantitativement important sur certaines espèces à forte valeur ajoutée (le bar). Les débats sur les aires marines protégées notent l’importance de cette activité qui se révèle très rentable ; cette « fausse plaisance » alimente alors une économie parallèle, qui concurrence directement la pêche professionnelle, sans être soumise à ses obligations fiscales, sociales ou réglementaires ».

 

bar  

 

                              De fait, pour une espèce hors quota comme le bar, on estime que la moitié des prises sont le fait de plaisanciers qui souvent commercialisent leurs prises alors que c’est totalement interdit, le principe même de la pêche récréative étant la consommation familiale.
 

 

                              Cette question reste en fait mal connue. Très peu d’études sont disponibles. Les travaux invoqués ci-dessus sont issus d’une étude menée par l’IFREMER.
 

 

                              La pêcherie du bar est apparue emblématique de la pêche récréative métropolitaine et permettant d’obtenir une première estimation de cette activité à l’échelle nationale. Cette enquête a reposé sur des entretiens téléphoniques conduits par un institut spécialisé. La population cible était les Français âgés de 15 ans et plus. En tout, ce sont 14.000 entretiens qui ont été réalisés. Cette étude a permis d’estimer le nombre des pêcheurs récréatifs et sportifs à 1,4 million dont 900.000 pêchent le bar, dont un tiers plus de sept fois par an. Sur les déclarations des usagers, les captures de ce type de pêche ont été évaluées à un volume équivalent de celui de la pêche professionnelle. D’autres travaux ont été réalisés, notamment sur le thon en Méditerranée, mais dans ce cas les prises paraissent faibles, de l’ordre de 10 tonnes.
 

Bar-poisson

 

                              Pour certaines espèces sous quota comme le cabillaud, pour laquelle une étude de l’Ifremer est en cours, les pêcheurs professionnels se sont plaints que les plaisanciers avaient désormais des droits de pêche supérieurs aux leurs. Cette année, la tension était telle en Manche que le Préfet de la région Haute-Normandie a été amené à prendre un arrêté spécifique limitant la pêche de plaisance du cabillaud à 10 poissons de plus de 35 cm par bateau et par sortie (arrêté du 17 avril 2008) invoquant le risque important de troubles à l’ordre public si la différence de traitement entre professionnels et non professionnels n’était pas résorbée. En effet, faute de quotas, la pêche professionnelle était interdite.
 

 

                              Sur le littoral, cette activité parallèle paraît significative et peut même servir de reconversion à des pêcheurs professionnels.
 

 

                              La pêche récréative a longtemps été considérée comme négligeable et le commerce qui en était issu a souvent été toléré. Elle est devenue un problème à résoudre car, d’une part, les contraintes qui pèsent sur la pêche professionnelle sont très importantes en raison de la rareté des ressources, et, d’autre part, les pêcheurs amateurs disposent de technologies professionnelles.

 

Rapport Poséidon consultable içi. 

                                                                           origine: Sénat

 

 

 

 

 


Par le bosco - Qu'en pensez-vous? - Voir les ptits mots
Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 17:30

 

 

 

 

                              Au cours des années 90, une flottille de pêche bien précise, les ligneurs de la Pointe de Bretagne qui utilisent uniquement une ligne avec un ou des hameçons au bout (et non pas des filets ou des engins de pêche, comme le chalut ou la drague, plus destructeurs pour l'environnement marin) fut confrontée à une crise sans précédent. Leur activité de pêche était de moins en moins rentable, du fait principalement d'un véritable écroulement des prix de ventes de l'espèce-cible de leur activité : le bar.

 

 

                              L'explication de cette détérioration rapide de leur situation était simple : le développement de la production du bar d'aquaculture et son apparition sur les étals des poissonneries, sans mention spécifique et à un prix très bas. En quelques mois, le prix du bar pêché à la ligne chuta donc de plus moitié, pour quasiment s'aligner sur le bar d'élevage.

 

bar1  
                              Concertation et solution

 
                              Dès lors, ces quelque 120 patrons-pêcheurs décidèrent de faire connaître aux consommateurs la différence qualitative entre leur poisson sauvage, pêché à la ligne et le reste de la production de bar. Le cahier des charges détaillait le travail du poisson, son éviscération, le glaçage et un engagement fraîcheur (temps maximal entre pêche et vente) ; en outre, il prévoyait l'adoption par les ligneurs, d'une attitude de gestion responsable de la ressource, en observant, par exemple, un moratoire (suspension) annuel et volontaire de pêche durant la période de frai (reproduction). Le stock de poisson n'était donc pas exploité lors de la concentration des poissons et alors que les femelles étaient pour la plupart grainées (porteuses d'œufs)


                              Cette différenciation sur le marché passa par la création d'une marque collective (proche d'un label), pincé sur les ouïes de chacun des bars pêchés... Ainsi mareyeurs, poissonniers, restaurateurs et consommateurs pouvaient faire leurs achats en toute connaissance de cause.

 
                              En quelques mois, la différenciation par le "label" engendra une augmentation sensible des prix du bar de ligne, sur le marché et sur les étals. Ce poisson noble, pêché d'une manière qui lui confère une très grande qualité gustative et qui est plus respectueuse de l'environnement, vit son prix moyen plus que doubler ! Ainsi, le bar de ligne, produit de la pêche artisanale des ligneurs bretons, retrouva son statut de poisson "haut de gamme", bien supérieur au bar d'aquaculture, et même de chalut, voire de filet.


                              L'histoire ne s'arrêta pas là !
                              Les conséquences de cette démarche de différenciation ne furent pas qu'économiques. En effet, l'augmentation sensible du prix de leur poisson permit aux ligneurs, non seulement de retrouver un revenu égal à ce qu'il était avant la crise, mais de s'accroître de près de 20%. Cette nouvelle donne économique engendra également un changement du comportement de pêche de ces ligneurs. Dans leur grande majorité, bénéficiant d'une situation matérielle plus convenable, ils réduisirent sensiblement leur effort et leur temps de pêche (nombre de sorties en mer) ou/et adoptèrent une technique de pêche moins "rentable", mais également réduisant la pénibilité et la dangerosité (passage de la palangre à la ligne intégrale).

 
                              Cette nouvelle attitude d'exploitation eut donc des répercussions positives sur la préservation des stocks naturels de bars.
                              Si cette marque collective "Bar de ligne de la Pointe de Bretagne" ne peut être considérée comme un "écolabel" au sens strict du terme (car sa vocation première n'était pas de préserver le stock de bar, mais de le valoriser économiquement), le résultat de la démarche n'en est pas moins proche : l'exploitation durable de cette ressource marine. En effet, une écolabellisation signale que des mesures spécifiques ont été prises par le producteur, pour préserver la ressource et éviter ou limiter des effets indésirables sur l'écosystème et l'environnement.


                              Cette préoccupation environnementale durable était déjà présente, bien que non explicite dans la démarche des ligneurs (moratoire durant la période de frai), mais, aujourd'hui, ces mêmes producteurs, riches de leur première démarche, veulent aller plus loin et travaillent à la mise en place d'une écolabellisation à part entière sur leur pêcherie de bar, telle celle proposée par le Marine Stewardship Council (MSC organisation indépendante mondiale, à but non lucratif, ayant pour objectif de trouver une solution au problème de la surpêche).

 

 

 

 

 
                              L'écolabellisation, une voie d'avenir pour la pêche ?
                              Si elle ne pourra pas résoudre, à elle seule, le problème de la surexploitation de la ressource halieutique et de gestion durable des pêches, cette labellisation écologique peut s'avérer être un outil d'accompagnement efficace des plans de gestion des stocks de poissons. Ce nouvel outil de gestion durable de la ressource est original, car il responsabilise l'ensemble des acteurs de la filière, du producteur au consommateur.


                              Mais justement, une question majeure se pose :

                              est-ce que tout le monde est prêt à jouer le jeu ? Et principalement le consommateur ? Est-il prêt à payer pour un poisson écolabellisé ? Ce « consentement à payer » varie selon le pays concerné, selon le produit, l'espèce.... Plusieurs études et enquêtes montrent une augmentation de la prise en compte du facteur « préservation de l'environnement » lors de l'acte d'achat. La demande n'est plus simplement une demande sociale latente croissante, elle tend à devenir solvable.
                              Une récente enquête réalisée par des chercheurs du Centre d'économie et de droit de la mer de l'Université de Brest auprès de consommateurs bretons, révélait que, pour un poisson noble (le lieu jaune), ce consentement à payer plus du consommateur en France, atteignait aujourd'hui 10.9% du prix initial du poisson. Une "plus value" non négligeable pour le producteur.


                              Par ailleurs, des études ont montré qu'un écolabel permet à la ressource de se reconstituer plus vite et à un niveau de stock supérieur que dans le même système de gestion sans écolabel.
                              Cette démarche d'écolabellisation offrirait donc une double opportunité : économique tout d'abord, pour les flottilles concernées, et écologique pour les stocks de poissons et la ressource ainsi préservés... Nous serions dès lors dans une réelle logique d'exploitation durable.

                                                                                            CNRS

 

 



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