.Contexte.
Au cœur du développement de trois traditions
culturelles et religieuses majeures, la mer Morte est un symbole fort, chargé d’histoire. Au-delà de son intérêt touristique, la mer Morte abrite un capital géologique unique au monde : son eau
contient 32% de minéraux contre 3% en moyenne dans les autres mers de la planète. Et, sur les
21 minéraux répertoriés, 12 n’existent nulle part ailleurs.
Pourtant, les prélèvements israéliens sur le
Jourdain et ceux effectués par la Jordanie et la Syrie sur le Yarmouk (affluent du fleuve), sont tels qu’ils mettent en péril la mer Morte. Les apports de la vallée du Jourdain à la mer
intérieure sont passés, en millions de m3 par an, de 1 350 à l'origine, à 1 250 vers 1950, 450 vers 1975 et 290 en 2000. Par conséquent, la disponibilité en eau douce est inférieure au seuil de
rareté de 500 m3 disponibles par habitant et par an. Ainsi, plusieurs experts qualifient la zone Israël-Palestine-Jordanie de « triangle de la soif ».
La mer Morte a déjà perdu un tiers de sa surface
depuis les années 70. Et, les experts pronostiquent sa disparition si rien n’est fait d’ici 2050. Pour faire face à cette menace, il est envisagé de creuser un canal baptisé « canal de la paix
» afin de transférer les eaux de la mer Rouge vers la mer Morte. Ce projet contribuera à la fois à la stabilisation des nappes d’eau douce et à l'arrêt de la baisse de niveau de la
mer.
Fin 2006, la Banque Mondiale, l’Europe et le
Japon ont financé une étude de faisabilité d'une durée de deux ans pour un coût estimé de 15 millions de dollars. La France y participe à hauteur de 3 millions d’euros. Quant à la construction
du canal, sa réalisation nécessiterait 4 milliards de dollars.

.Objectifs.
L’enjeu du projet financé par l’Agence est de
permettre la gestion durable des ressources en eau, la préservation des écosystèmes de la mer Rouge et de la mer Morte, et d’encourager la communication entre les administrations des pays
concernés, la communauté des bailleurs de fonds et les opinions publiques.
Le transfert des eaux de la mer Rouge vers la
mer Morte a été abordé pour la première fois en 1994, dans le cadre du processus de paix entre Israël et la Jordanie. Le sommet du développement durable de Johannesburg d’août 2002 relance par
la suite l’idée de coopération régionale dans la mise en œuvre du projet. L’étude de faisabilité lancée à la fin de l’année 2006 complètera les lacunes de l’étude Harza de 1997 et constituera
un élément déterminant dans le sauvetage de la mer Morte, la vie et les activités économiques qui l'accompagnent.

Les missions de l’étude de faisabilité :
- anticiper l’impact environnemental et étudier des risques liés aux séismes ;
- examiner la rentabilité de l’opération ;
- analyser les alternatives au projet de transfert mer Rouge - mer Morte (autres tracés et stratégies
complémentaires d'économies d'eau) ;
- amener Israël, les Territoires palestiniens et la Jordanie à discuter des besoins en eau sur le long
terme.
Bénéfices attendus du canal:
- fournir de l’eau potable aux trois riverains (Jordanie, Israël, Territoires palestiniens)
;
- stabiliser le niveau de la mer Morte ;
- produire de l'hydroélectricité ;
- participer au développement économique de la région.

Descriptif du
projet
L’Agence Française de
Développement (AFD) participe au financement l'étude de la faisabilité technique, économique, sociale et environnementale du transfert d'eau de
la mer Rouge à la mer Morte.
Long de 180 kilomètres, le projet retenu par la
Banque Mondiale acheminerait vers la mer Morte 1,9 milliard de mètres cubes d’eau par an pompé dans la mer Rouge. L’eau prélevée serait pour moitié dessalée afin de subvenir aux besoins des
Jordaniens et l’autre moitié déversée dans la mer Morte. Le « canal de la paix » a pour but de produire des ressources en eau douce supplémentaires pour répondre aux besoins à long terme des
trois parties (Israël, les Territoires palestiniens et la Jordanie). La différence de niveau entre la mer Rouge et la mer Morte sera exploitée pour produire de
l’électricité.
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une
coopération régionale entre Jordaniens, Palestiniens et Israéliens. L’étude de faisabilité constituera un outil d'information et d'aide à la décision pour toutes les parties prenantes et ce, en
prenant en compte tous les aspects techniques, économiques, financiers, environnementaux et sociaux.
Dates et montants
Démarrage : 2006
Durée de l’étude : 24
mois
Financement : subvention de 3 millions
d’euros
Pour en savoir plus, rendez-vous sur
: www.afd.fr